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À travers deux œuvres récentes, le peintre Bruno Moses offre une réflexion sur la dualité entre violence et paix en République Démocratique du Congo. Des créations qui s’imposent comme un véritable cri visuel face aux épreuves traversées par les populations issues du sol congolais surtout celles de l’Est.

Le Paradoxe de la Paix

Une peinture acrylique de 80 cm sur 100 cm qui met en scène un homme africain débout, vêtu traditionnellement avec une arme à l’épaule. Cette posture traduit deux réalités différentes. La  colombe blanche, symbole universel de paix qui contraste avec la brutalité de l’arme qu’il porte.

Ces œuvres, porteuses de sagesse et de transformation usent  des motifs d’adinkra. L’arrière-plan, composé de couleurs rouge, jaune, bleu et vert renforce la charge symbolique de l’œuvre.

La présence de l’arme et celle de la colombe rappelle, selon Bruno Moses, qu’il ne suffit pas uniquement des armes pour imposer la quiétude. Il lance une réflexion à la possibilité de transformer les combattants en bâtisseurs de paix.

« L’œuvre met en lumière le paradoxe de paix en contexte de conflit. Elle invite à réfléchir sur la réinvention des combattants comme bâtisseurs de la paix et souligne les tensions entre identité, guerre et réconciliation dans l’Est de la RD Congo », dit-il.

Un hymne à la jeunesse : Le Bâtisseur d’Espoir

La deuxième œuvre, intitulée « Le Bâtisseur d’Espoir », est une pensée à l’égard de la jeunesse congolaise. Elle représente un jeune garçon congolais, le torse nu, portant un tronc d’arbre sur son épaule.

Le sourire ainsi que les regards déterminés de l’enfant font preuve de résilience. Une illustration de la capacité de la nouvelle génération à se relever malgré les obstacles, et affronter les défis de l’avenir.

À travers cette œuvre, cet artiste rend hommage à une jeunesse courageuse qui, malgré la guerre, la pauvreté et les drames quotidiens, n’a pas renoncé à la croyance de son potentiel. Il affirme que cette jeunesse, engagée est la véritable clé de la reconstruction nationale : « c’est une déclaration de la foi et l’avenir du pays, porté par une jeunesse travailleuse et pleine d’espoir » ajoute-t-il.

Usant des couleurs telles que le bleu signe d’espoir et le vert signe de nature, les épreuves traduites par le rouge et l’orange retracent également les conséquences des conflits et leur impact sur le développement de la classe juvénile.

Bien que différentes dans leur approche, ces œuvres posent la question de la transformation des épreuves en espoir. « Le Paradoxe de la Paix » confronte le spectateur à la réalité troublante de la guerre et des combattants, tandis que « Le Bâtisseur d’Espoir » mettent en lumière la force de la jeunesse et son rôle central dans la réinvention du pays. Dans un pays où la guerre continue de faire rage, elles rappellent qu’au-delà des armes, il existe toujours une colombe, un sourire d’enfant, et surtout une volonté de bâtir.

Kathia AMINA

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